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2 - Les Allobroges, 26 mai 1945

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Dès l’automne 1944, un ministère des Prisonniers, Déportés et Réfugiés (PDR) avait été créé en prévision du retour des rapatriés, selon l’expression de l’époque.

Le déporté de la Seconde Guerre mondiale, c’est celui qui a été interné dans un camp de concentration nazi1: le Konzentrationslager (KL ou KZ). Mais, dès le début, une fracture était apparue entre "déportés résistants" et "déportés politiques" et eût comme conséquence la création de deux fédérations concurrentes : l’une avec un recrutement plus ouvert : la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (F.N.D.I.R.P) revendiquant 100 000 adhérents ; l’autre affichant une volonté plus "élitiste" dans l’affiliation de ses membres unis par la seule expérience de la Résistance "née de l’appel du général de Gaulle" : la Fédération Nationale des Déportés et Internés de la Résistance (FNDIR).

En 1948, le législateur donna un cadre légal à la définition de la déportation. Un premier statut fut fixé par la loi du 8 août 1948 : le statut des déportés et internés de la Résistance (DIR). Pour bénéficier de cette "légitimation", l’internement ou la déportation devaient avoir pour cause directe un acte qualifié de "résistance à l’ennemi" et excluait de fait ceux qui avaient été déportés pour des critères liées à leur appartenance politique ou leur religion. Ces derniers se voient finalement "reconnus" par un deuxième statut en date du 9 septembre 1948 : le statut des déportés et internés politiques (DIP)2.

 

1 REY, Alain (dir.), Dictionnaire historique de la langue française, Dictionnaires Le Robert, Paris, 1998, tome 1, p. 1044.

2 Olivier LALIEU s’interroge sur la pertinence de remplacer l’intitulé de ces deux statuts fixés par la loi par les expressions "déporté ou interné par mesure de répression" et "déportés par mesure de persécution". On distingue alors la déportation par mesure de répression qui toucha les catégories de résistants, de politiques, de raflés, d’otages, et parfois de droit commun, quelle que soit leur nationalité et la déportation par mesure de persécution pour raisons religieuses ou culturelles (les juifs, les tsiganes…). LALIEU, Olivier, Le statut juridique du déporté et les enjeux de mémoire de 1948 à nos jours, in BRUTTMANN, Tal, JOLY, Laurent, WIEVIORKA Annette (dir.), Qu’est-ce qu’un déporté ? CNRS, 2009, p. 349.

 

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Article paru dans Les Allobroges, numéro 252, 26 mai 1945. Archives départementales de l’Ardèche, PER 122 3.