3 - Affiche de Robert Petit-Lorraine (1944)
Juger
La collaboration de la France "des années noires" a laissé des séquelles et la question du jugement des collaborateurs, des miliciens et profiteurs de guerre se posa très rapidement. Certains furent tentés de faire justice eux-mêmes. Les femmes accusées de collaboration avec l’ennemi furent humiliées et tondues en place publique. Selon l’historien Jean Pierre Rioux, s’appuyant sur des enquêtes de gendarmerie en 1952 et les Mémoires de Guerre du général De Gaulle en 1959, on dénombrerait aussi 10 000 exécutions dont 75% avant le 6 juin 1944 et 25% en protestation contre les lenteurs de la justice légale ou par règlements de compte personnels. En Ardèche, Louis-Frédéric Ducros remarque que "la répression extrajudiciaire exercée par la Résistance se distingue par sa brutalité et sa lourdeur" (in Montagnes ardéchoises dans la Guerre, Tome III, p 418). En 1975, une enquête du Comité d'historique de la Seconde Guerre mondiale diligentée en Ardèche par Georges Rufin retient le chiffre "officiel"de 255 exécutions sommaires, soit quatre à cinq fois plus que la moyenne nationale. La majorité de ces exécutions commises entre le 6 juin 1944 et la libération du département concerne essentiellement des faits de collaboration militaire, l’appartenance supposée ou réelle à la Milice.
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Vengeons nos frères 1940 1944, FTP. La vengeance est un droit sacré, affiche, Robert Petit-Lorraine, 0,65 × 0,50 m (1er août 1944). Collection d’affiches du musée de la Résistance et de la Déportation en Ardèche, Archives départementales de l’Ardèche, 98 Fi 2.

