31 - "L'arrivée au camp", dessin de Auguste Favier (décembre 1943)
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Il faut distinguer la déportation génocidaire, celle qui concerne les juifs de la déportation concentrationnaire.
La déportation des juifs dans le cadre de la « Solution finale » relève de la de « déportation génocidaire ». La logique inhérente à la déportation des juifs est la mort. Les rescapés juifs qui sont revenus d’Auschwitz sont donc une exception car ils n’avaient pas la vocation d’intégrer le camp de concentration.
La déportation concentrationnaire concerne les résistants, les opposants ou internés politiques, les otages, les condamnés de droit commun. Ils ne sont pas arrêtés avec leur famille et ils ont fait l’objet d’une condamnation individuelle. Pour ces détenus qui vont intégrer le camp de concentration, les SS font des mises en scène extrêmement violentes destinées à les terroriser et les soumettre par la brutalité. Cela contraste avec l’arrivée de Primo Lévi au camp d’Auschwitz-Birkenau : "Une dizaine de SS, plantés sur leurs jambes écartées se tenaient à distance, l’air indifférent.À un moment donné, ils s’approchèrent et sans élever la voix, le visage impassible, ils se mirent à interroger certains d’entre nous en les prenant à part et selon la réponse, ils nous indiquaient deux directions différentes. Tout baignait dans un silence d’aquarium, de scène vue en rêve. Là où nous nous attendions à quelque chose de terrible, d’apocalyptique, nous trouvions, apparemment de simples agents de police1."
1LÉVI, Primo, Si c’est un homme, page 22.
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Buchenwald, scènes prises sur le vif des horreurs nazies, 78 planches dessinées par Auguste Favier, Pierre Mania, Boris Taslitski, préface de C. Pineau, textes de Pierre Mania, 1946. Planche (décembre 1943) avec la légende suivante : "Arrivée à Buchenwald. Débarquement sous les projecteurs, sans chaussures et souvent sans vêtement, dans la neige par moins 25 C° de froid." Archives départementales de l’Ardèche, BIB-F 461.

