Misère et protection

Consultation en PMI, photographie, collection de l'agence du dauphiné libéré de Privas (1955).

Archives départementales de l’Ardèche, 32 Fi.

Parcours d'un enfant abandonné

Faire l’histoire de l’enfant, c’est chercher à donner sa voix à un individu plus souvent connu au travers de sa famille, de ses parents, de ses professeurs. Grâce aux archives, il est cependant possible de déceler des traces, de reconstituer des parcours de vie. L’enfance est aussi la période de tous les aléas, celle de la dépendance et d’une vie fragile.

  

Services des enfants assistés de l'Ardèche, livret de placement (1875).

Archives départementales de l’Ardèche, 5 H-Dépôt 160.

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L'abandon d'enfant : du tour au bureau ouvert

L’abandon ou « exposition » d’enfant dans le secret remonte en France au XIIe siècle. L’enfant était exposé dans un tour ou à proximité d’une église ou d’un hospice dans le but qu’il soit vu et recueilli. En 1552, un arrêt du Parlement de Paris condamne l’abandon d’enfant.

La Révolution française marque un tournant concernant le statut de l’enfant et s’accompagne d’une prise de conscience que la pauvreté est cause d’abandon.

À partir de 1790, les enfants trouvés, abandonnés et orphelins sont confiés à l’État et le secret de l’accouchement est rendu légal.

Pourtant, dès 1799, le Consulat marque une rupture. L’augmentation du nombre des abandons est désormais attribuée à la « dépravation des mœurs ». Le contrôle est alors renforcé. Pour chaque abandon d’enfant, le juge de paix doit dresser un procès-verbal et recueillir les preuves éventuelles sur les auteurs de l’abandon.

  

Plan de réalisation d'un tour à l'hospice de Tournon (1829).

Archives départementales de l’Ardèche, 6 H-Dépôt 63.

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Les billets d'abandon

Faire l’histoire de l’enfant, c’est chercher à faire entendre sa voix. Au XIXe siècle, bien que l’abandon soit le plus souvent effectué dans le secret, certains parents laissent avec leur enfant des mots, des morceaux d’étoffes ou des objets.

Les enfants qui portent un billet ou une marque distinctive ne représentent qu’un petit nombre des enfants abandonnés. La faible alphabétisation des classes populaires en est une des explications.

 

Billet d'abandon de Marie Julienne et ruban(1826).

Archives départementales de l’Ardèche, 5 H-Dépôt 185.

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Du dépôt de mendicité à la prison

De la Révolution française au XIXè siècle, une justice spécifique aux mineurs se met en place, navigant entre coercition et protection, répression et éducation en s’incarnant à travers différentes institutions.

Au XIXè siècle, les magistrats considèrent les jeunes délinquants victimes d’un milieu social ou familial défaillant. Le Code pénal de 1810 définit des circonstances atténuantes, dont la principale est d’être issu d’une famille défavorisée.

 

Portrait de François Chauvin, reconstitution selon sa description lors de son entrée au dépôt de mendicité, dessin de Jacques Wieber (2022).

Collection particulière.

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Les établissements pénitentiaires des jeunes détenus

La loi de 1850 crée trois établissements pénitentiaires pour les différentes catégories de détenus, garçons et filles. Quand ils sont condamnés, filles et garçons partent en prison. Quand ils sont acquittés, les garçons partent dans les colonies agricoles et les filles dans les maisons pénitentiaires. Ils y restent souvent jusqu’à l’âge de 20 ans et survivent à des conditions de détention dégradantes et humiliantes en travaillant toute la journée. Beaucoup y meurent très jeunes.

 

Portrait Trousseau fourni aux garçons et aux filles des établissements pénitentiaires. Réglement général pour les colonies et maisons pénitentiaires des jeunes détenus (1864).

Archives départementales de l'Ardèche, 1 Y 135.

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La mise en nourrice en Ardèche de la fin du XIXe au début du XXe siècle

Pour la bourgeoisie en milieu urbain, dès le XVIIe siècle, la nourrice « à domicile » est un signe extérieur de richesse et la mise en nourrice à la campagne vise à préserver leurs enfants des villes des maladies contagieuses. 

La mise en nourrice des enfants de la campagne, elle, répond à des nécessités économiques, soulageant les femmes, contraintes de conserver leur emploi.

 

Récompenses aux nourrices et aux gardes champêtres (1913).

Archives départementales de l'Ardèche, 1 Z 842

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Maintenir l'enfant en bonne santé, un enjeu de santé publique

À partir de 1890, s’amorce en France une diminution importante de la mortalité infantile. Se développent alors des discours, des pratiques et une réglementation qui visent à « éduquer » les mères à travers leur enfant. Ce dernier devient alors un enjeu social dont la bonne santé est capitale pour l’État.

 

Extrait de la brochure Principes d’hygiène, Fondation Rockefeller, Commission américaine de préservation contre la tuberculose en France (sans date).

Archives départementales de l’Ardèche, 1 Y 135.

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